COACHER LES STÉRÉOTYPES DANS L’ORIENTATION SCOLAIRE

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Voilà un sujet qui me passionne depuis des années : pourquoi, alors que la plupart des jeunes affirment, lorsqu’on les interroge, que les garçons et les filles peuvent exercer tous les types de métiers, continuent-ils dans leur majorité, au moment de leur orientation, à faire des choix traditionnels et stéréotypés ? Si les stéréotypes orientent les filles et les garçons vers tel ou tel métier, implicitement, ils en interdisent d’autres. Quel degré d’autocensure se met en place chez les filles pour désinvestir, par exemple, le secteur informatique (considéré encore comme un univers masculin) et quel degré d’autocensure va se mettre en place chez les garçons pour désinvestir, par exemple, le secteur médico-social ou celui de la communication (encore trop dévolus aux filles) ?

Qu’est-ce qu’un stéréotype de genre ?

Corinne Fortier, anthropologue, chargée de recherche au CNRS nous explique qu’il s’agit avant tout d’une représentation sociale des filles et des garçons. Elle affirme : « On a tous le même cerveau, les mêmes compétences quand on est un garçon ou une fille. On n’est pas plus intelligent ou plus abstrait, on n’est pas meilleur au foot parce qu’on est un garçon ; de même on n’est pas meilleure en lettres, on n’est pas plus sensible ou plus timide quand on est une fille. (…) Et pourtant on continue à produire ces stéréotypes de genre. Ce sont des habitus stéréotypés qu’on nous inculque dès l’enfance, qui “genrent” notre corps et limitent notre capacité à prendre notre place en tant qu’individu »[1].

En quoi la question du genre fait-elle partie intégrante d’un travail de coaching ?

La question du genre façonne nos représentations sur les autres, sur l’autre sexe, sur sa place, son rôle. Y compris aussi du côté du/de la coach.e…

Selon la carte cognitive des professions décrite au début des années 1980 par la psychologue et sociologue américaine Linda Susanne Gottfredson[2] une personne choisit une profession qui reflète le mieux l’image qu’elle a d’elle-même. Le choix d’un métier, selon elle, serait le résultat d’une série de négociations avec soi-même où s’entremêleraient des éléments sociaux (origine sociale) et de genre (fille ou garçon). Il s’ensuivrait souvent un processus de choix fonctionnant sur une élimination des différentes options pour aboutir à un compromis entre réalité du choix et aspirations.

En coaching on ira donc déconstruire avec des adolescent.e.s les métiers dits « masculins » ou « féminins », on posera la question du sens qu’ils/elles donnent à leur futur métier, des valeurs qui sont importantes à leurs yeux, de leur motivation, des freins (sociaux, familiaux, etc.) qui les empêcheraient d’atteindre leur objectif.

Source : www.onisep.fr, 2018.


[1] https://www.reseau-canope.fr/corpus/video/les-stereotypes-de-genre-110.html.

[2] Linda Susanne Gottfredson, née le 24 juin 1947, à San Francisco, est une psychologue, sociologue, et professeure de psychologie de l’éducation qui a enseigné à l’université du Delaware (États-Unis).

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